Parking RAVET : OUI au stationnement mais EN SOUS-SOL !


Des commerçants, professionnels et habitants de Chambéry ont lancé une pétition pour soutenir la construction de près de 1000 places de stationnement quai RAVET et à la CASSINE.

Mis devant le fait accompli d’un parking en silo quai RAVET, je comprends parfaitement qu’ils appellent à soutenir ce projet : faute de grives on mange des merles !

Toutefois, il est très regrettable que le travail de la Municipalité n’ait pas été fait au mieux des intérêts de tous, c’est à dire avec le sens, indispensable, de l’intérêt général. Une approche que je crois parfaitement audible et en cohérence avec la volonté des commerçants, des professionnels, des riverains et des usagers de promouvoir notre centre-ville et ses atouts.

Il faut, évidemment, des places de stationnement en proche périphérie du centre-ville pour ne pas qu’il se désertifie et pour ne pas en compromettre la dynamique. A ce propos, rappelons juste que c’est un point qui fait consensus de part et d’autre de l’échiquier politique local depuis de nombreuses années.

La question n’est donc pas de savoir s’il faut ou non créer des places de stationnement avec accès rapide à l’hypercentre – puisque que c’est une nécessité – mais plutôt de savoir comment accompagner l’attractivité du centre-ville en utilisant le levier du stationnement de la façon la plus pertinente et dans le respect des objectifs et intérêts de tous.

Alors, OUI au parking RAVET mais EN SOUS-SOL !
Pour des raisons de qualité urbaine évidentes,
à quelques mètres du centre historique, pour ne pas gâcher les perspectives mettant en valeur notre patrimoine et parce que cela permettrait de construire des logements en surface – sur le parking -, rentabilisant ainsi ce foncier précieux.

Ajoutons également qu’en plus de ce parking souterrain, plusieurs dizaines de logements dans ce secteur renforceraient notablement la zone de chalandise du centre-ville.
OUI également au parking de la Cassine qui devait être de 1000 places au début du projet il y a quelques années…

Objectivement, il est inacceptable d’installer – à quelques encablures de la fontaine des Éléphants –  une nouvelle « verrue » en béton de 7 étages sur un terrain à forte valeur foncière et donc à fort potentiel pour du logement: le coût d’acquisition de ces terrains par la collectivité justifie à lui seul que leur valeur ne soit pas gaspillée.
Or,  avec une opération « à la va-vite », (parce qu’il fallait bien rassurer après l’improvisation du déplacement du centre d’échange des bus, de la fermeture du boulevard de la Colonne et de la rue Claude Martin) qui relève plus de la volonté de se débarrasser de la charge du dossier – et de ses recettes, à terme – la Municipalité a fait le choix de la facilité en bradant le stationnement plutôt que celui d’une gestion des deniers publics au bénéfice des Chambériens, dans la longue durée.

Mais surtout et très franchement, si nous voulions soutenir la dynamique de notre centre-ville, il fallait réfléchir avant de jouer les apprentis-sorciers en modifiant le plan de circulation et le réseau de bus.

La disparition non remplacée d’un centre unique d’échange des bus a été une faute majeure de la Municipalité et les modifications du plan de circulation n’apaisent rien et font fuir les personnes qui venaient en ville, jusqu’à présent. Le nombre de places libres corrélé à une baisse de fréquentation des commerces, en journée, même en période de soldes alors que la reprise économique se fait sentir, en est une illustration dans certains secteurs et particulièrement dans l’hypercentre.
Les commerçants le constatent, nous le disent et l’analysent très souvent comme le signe que les gens hésitent, maintenant, à « rentrer » dans Chambéry car ils refusent de payer si cher ou ont la crainte d’être pris dans les embouteillages majeurs de tout l’axe Sud (Cognin-Avenue de Lyon-Curial-Monge-Barberaz), par exemple.
J’ajoute également la piétonnisation sans accompagnement, sans projet, de secteurs nouveaux de l’hypercentre.
Il suffit pour illustrer tout cela et finir de s’en convaincre, de prendre connaissance de l’article du Dauphiné Libéré d’aujourd’hui, 9 février 2018, en cliquant sur le lien suivant : DAUPHINÉ LIBÉRÉ – Chambéry page 8 – 20180209

Parallèlement, la vente des parkings souterrains et de tous les stationnements de surface, sous forme de délégation de service public, a pour effets immédiats :

  • la forte augmentation des tarifs, particulièrement pour les abonnés et les étaliers du marché (on passe d’environ 55 à 60 € par an à 60 € par mois !),
  • une tarification entre midi et deux qui fait fuir la clientèle et la repousse vers les zones commerciales périphériques où le stationnement est gratuit, pléthorique, autour des lieux de restauration, notamment, mais pas uniquement,
  • un manque à gagner important pour la ville puisqu’il faut bien payer l’intermédiaire Q-Park.

Rappelons ici que la Ville a acheté pour 1,4 millions d’euros d’horodateurs pour que Q-Park signe le contrat de délégation de service public et que la superficie du stationnement de surface a fortement augmenté avant d’être déléguée à cet opérateur qui versera, certes, une redevance à la ville mais dont nous payerons également les services car Q-PArk n’a pas vocation à travailler gratuitement…

Ainsi, la dynamique du centre-ville ne repose pas que sur la construction de parkings même si cette construction est nécessaire. Son équilibre est fragile et mérite une réflexion commune avec les commerçants et les professionnels mais aussi les usagers. Ce travail a fait défaut. Chacun le paie au prix fort aujourd’hui faute d’avoir pris le temps d’un projet global, solide et co-construit.

Car, nous avons été embarqués dans une politique de bric et de broc, brutale pour les professionnels comme pour les usagers et les clients. Tout ce qu’il faut pour faire fuir ou faire naître la méfiance.

Et malheureusement, ce n’est pas une pétition de soutien à l’action de celles et ceux qui sont responsables de cette situation qui réglera la question de l’accessibilité du centre-ville et plus généralement de notre ville, d’autant que les deux projets sont en route et seront bientôt réalisés.
Cette méthode de la Municipalité ne fait que crisper les positions des uns et des autres, commerçants, riverains et usagers. Or, nous avons besoin de sérénité, de pragmatisme, d’écoute, d’analyses réelles faites par des spécialistes et d’inventivité pour notre centre-ville car le danger de la désertification est réel.

Dans ce genre de dossier sensible, personne n’a raison seul et, élus, commerçants, riverains, usagers, habitants doivent travailler ensemble dans la confiance.
Ce n’est pas le cas aujourd’hui et la multiplication des mécontentements et des positionnements frontaux le montre, à l’évidence.

Jean-Benoît CERINO
Conseiller municipal et communautaire
Ville de Chambéry
jb.cerino@mairie-chambery.fr

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